Travailleurs du Nettoyage affiliés aux IWW : les menaces de la police ont finalement eu raison de l’occupation du Guildhall de Londres.
Depuis le 22 décembre des ouvriers du Nettoyage travaillant sur le site du Guildhall de Londres mènent une grève avec occupation des locaux pour protester contre leurs conditions de travail et les intimidations dont ils sont l’objet. Au matin du 4 janvier, très tôt, la direction a fait appel à la police qui a menacé les grévistes de recourir à la force physique pour les déloger. Les travailleurs ont eu beau faire valoir le caractère pacifique de leur mouvement, ils ont dû finalement lever le camp.
(Source : SITT)
Les ouvriers du Nettoyage avaient débuté leur mouvement cet été par une grève pour exiger le paiement de leurs salaires. Depuis lors, ils luttent pour la reconnaissance de leur syndicat, des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Lorsque la société Sodexho a repris le chantier du Nettoyage du Guildhall, leur représentant syndical a été suspendu et les travailleurs ont été dès lors en butte à toutes sortes de brimades et d’intimidations. Ils dénoncent particulièrement les vexations subies de la part d’un chef, mais la Sodexho a toujours refusé d’intervenir. Cette société a visiblement décidé de se débarrasser des travailleurs organisés en modifiant sans cesse leurs lieux de travail, en leur confiant les tâches les plus pénibles, en accroissant leur charge de travail, et, aujourd’hui, en recourant au harcèlement et à l’intimidation.
Le caractère pénible des tâches qui leur ont été confiées s’est traduit pour quatre de ces travailleurs par des blessures aux bras ou aux épaules. Une ambiance de peur règne sur ce lieu de travail. Un ouvrier raconte : "Ce qui me paraît incroyable c’est qu’on vit en Angleterre, un pays qui est censé défendre les droits de l’Homme, mais parce que je proteste pour exiger le respect de mes droits au travail, on appelle la police contre moi. Quant à ce chef, tyrannique et menaçant envers tous les travailleurs, il est intouchable. Ils appellent la police contre moi, mais lui ils l’envoient en vacances." Un autre ouvrier : "Parce que j’ai revendiqué l’application de mes droits au travail, ils n’arrêtent pas de me brimer et de me menacer. Pendant deux heures, j’ai été enfermé dans un local, dans une zone isolée, et tous les jours ils nous punissent, parce que tous les jours ils nous donnent un travail différent et il est chaque fois de plus en plus dur." Autre témoignage : "Vous savez ce qu’ils cherchent ? Ils cherchent à faire partir tous ceux qui travaillaient pour Ocean (la précédente société titulaire du contrat de Nettoyage repris par la Sodexho) qui sont syndiqués et se battent pour leurs droits. Plein de gens sont déjà partis, et nous qui sommes encore là, ils nous harcèlent sans arrêt."
Les ouvriers du Nettoyage ont fait valoir à la police la différence de traitement entre eux, qui occupent pacifiquement leur lieu de travail, et la société qui exerce menaces et brimades envers ses salariés. Après plusieurs jours d’occupation, c’est la tête haute que les travailleurs ont finalement quitté le site.
